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Sophie Millot

Psychodynamique du travail

Extrait du texte de Pascale Molinier et Anne Flottes : Travail et santé mentale : approches cliniques

 

Pascale Molinier et Anne Flottes, « Travail et santé mentale : approches cliniques », Travail et Emploi [En ligne], 129 | janvier-mars 2012, mis en ligne le 31 octobre 2012, consulté le 05 mai 2020. 

 

Initiée dans les années 1980 par le livre de Christophe Dejours Travail : usure mentale, la psychodynamique du travail se définit comme l’analyse psychodynamique des processus intersubjectifs mobilisés par les situations de travail. Dynamique, en psychologie clinique, renvoie à la dimension du conflit psychique. Cela signifie ici que l'investigation prend pour centre de gravité les conflits qui surgissent de la rencontre entre un sujet, porteur d'une histoire singulière préexistante à cette rencontre, et une situation de travail dont les caractéristiques sont, pour une large part, fixées indépendamment de la volonté du sujet (Dejours, [1980], 1993).  

 

La psychodynamique du travail cherche à comprendre ce que vit le sujet en relation avec son travail. L’accent est porté sur la capacité à donner un sens à la situation, à se défendre de la souffrance et à conjurer la maladie en mobilisant les ressources individuelles de l’intelligence et de la personnalité, mais aussi celles de la coopération et du collectif. (...)

 

Les rapports entre souffrance et travail toutefois ne sont pas mécaniques ou de cause à effet. La souffrance est considérée à l’origine de l’investissement dans le travail, celui-ci offrant une scène sociale sur laquelle élaborer la souffrance issue des failles ou des impasses de notre histoire infantile en lui trouvant une issue positive à travers une activité utile. Quand le travail permet ce processus mutatif, de transformation de la souffrance (vs la répétition au sens freudien du terme), on dit qu’il y a résonance symbolique entre le travail et l’histoire personnelle du sujet. (...)

 

Chaque être humain arrive ainsi au travail avec des attentes plus ou moins conscientes qui diffèrent largement en fonction de l’histoire singulière de chacun ; il en résulte aussi que chacun réagit de façon différente aux mêmes contraintes. (...)

 

Bibliographie

Dejours C. (1980, 1993, dernière éd. 2008), Travail : usure mentale, nouvelle édition augmentée, Paris, Bayard.

 

Molinier P. (2009), « Risques psychosociaux : le point de vue psychologique », in Lerouge L. (dir.), Risques psychosociaux au travail. Étude comparée Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal, Paris, L’Harmattan, pp. 31-41.

 

 

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